Le chien qui riait

Jo, un adolescent taciturne et solitaire s'isole dans la violence. Chacun le craint sans pourtant appréhender ses attitudes extrêmes. Jo franchit le pas et tue. Le chat de la maison, le chien de la voisine, un camarade de classe... Début d'un parcours meurtrier dont il ne maîtrise pas le cours. Jo n'a aucune circonstance atténuante. Sa conduite est aussi imprévisible qu'effroyable.
Stark, lui, est un flic sur le retour, boiteux, rétrogradé pour violence, affecté à la brigade des mineurs. Missionné sur deux affaires quand débute le récit, il enquête sur la mort d'une vieille dame et file une bande déjeunes Colombiens qui sème la panique en ville. Leurs parcours vont se croiser inévitablement et la chasse à l'homme se resserre au fur et à mesure des cadavres que Jo sème sur son passage.
Un thriller passionnant où l'auteure démontre une fois encore sa maîtrise de la narration, son rejet des situations convenues, son intérêt pour les figures hors norme et ce qu'elles dévoilent de malaise dans nos sociétés occidentales.
L'affaire Sohane, l'affaire Ilan Halimi. La presse se nourrit de la violence des jeunes adultes. Maud Tabachnik analyse et dénonce ces dérives adolescentes et le surgissement d'une barbarie inattendue, atroce et impensable où le sens de la vie n'a plus aucune réalité, où la notion de responsabilité est mise à mal.
Extrait du livre :
Alice arrêta sa voiture dans l'allée et en descendit les bras chargés de provisions. Comme toujours, elle dut lutter contre la serrure de la porte de la cuisine et, avec un soupir de fatigue, déposa ses paquets sur la table. La journée avait été si chaude qu'elle sentait sa robe la coller comme une seconde peau et ne rêvait que de se précipiter sous la douche.
Le silence de la maison la surprit. À cette heure, les enfants devaient être rentrés. Elle alla dans le salon et leva les yeux vers l'étage où se trouvaient les chambres.
- Annie, appela-t-elle. Joseph... Mais aucun d'eux ne répondit.
Elle monta l'escalier, vaguement oppressée par le silence. Elle frappa à la chambre de sa fille et entra sans attendre de réponse.
- Annie ?
La fillette était recroquevillée sur son lit. Sur le bureau, l'ordinateur était en veille.
- Annie, qu'est-ce qui se passe ? demanda sa mère en s'approchant.
La fillette leva les yeux sur elle.
- Rien, répondit-elle en secouant la tête.
- Tu n'es pas bien ? s'inquiéta Alice en posant la main sur son front. Tu es fraîche, pourtant. Tu as fait tes devoirs ?
- Oui.
- Où est ton frère ?
La gamine haussa les épaules.
- Tu ne l'as pas vu ?
- Si.
- Et alors ?
- Il est ressorti.
- Bon, chérie, tu n'as besoin de rien ? La fillette secoua la tête.
- Va prendre une douche, lui dit sa mère en souriant, ça te fera du bien. Il fait tellement lourd.
Elle ressortit et frappa à la chambre de son fils. Ne recevant aucune réponse elle entra.
Le chien qui riait, Albin Michel, Paris, 2007.

Le chien qui riait est également édité par Le Grand Livre du Mois et France Loisirs.
L'avis de la presse :
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